le discour

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE
23-07-2007
A L'OCCASION LA CLÔTURE DE LA SESSION DES LOIS DU 23 JUILLET 2007



Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines,
Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
Monsieur le Chef d'Etat Major des Armées,
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales,
Chers Invités,
Honorables Députés,
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,


Je vous remercie d'honorer de votre présence la présente clôture de la session budgétaire extraordinaire.


Celle-ci se tient dans un contexte particulier caractérisé par une économie désarticulée, spéculative et extravertie, l'unité nationale fragilisée, l'avenir des jeunes compromis, une criminalité galopante et des risques permanents d'explosion sociale.
Les moyens de correction de ces dérives existent. Les uns prétendent qu'ils sont impraticables, nous soutenons qu'ils sont aussi possibles qu'infaillibles, les autres prétendent qu'ils offrent un problème insoluble, nous soutenons qu'ils ne
présentent au moins aucune difficulté au bon sens, à la bonne foi et à la détermination, tout ce résume à une volonté politique.


Mesdames et messieurs
Distingués Invités
Honorables Députés
Il n'y a pas de miracles, il s'agit effectivement d'une question de volonté politique.
Il s'agit d'abord de la restauration de l'autorité de l'Etat qui ne se limite pas à de simples nominations de préfets et de gouverneurs, loin s'en faut ; Il s'agit aussi de reconstruire en profondeur l'image de l'Etat par le rétablissement des
relations de confiance et de respect entre l'administration et les administrés ; de créer un cadre idéal de vie collective par la construction et la reconstruction des infrastructures de souveraineté, suivie d'une véritable politique de la ville ; de lutter contre ce mal collectif qu' est la montée exponentielle de la criminalité.
Il faut aussi souligner la faiblesse des effectifs et le manque de logistique appropriée à nos services de sécurité qui sont alors incapable de faire face à des mouvements d'ampleur. Pour illustrer cet état de fait, le ratio universel est d'un
policier pour 250 citoyens ce qui correspondrait à 40.000 policiers en Guinée à l'exclusion de la gendarmerie. Dans notre pays, une préfecture comme Kouroussa forte de 300.000 habitants ne dispose que de 2 policiers et de 2 gendarmes pour le
maintien d'ordre ; ce qui veut dire un écart de 1198 policiers par rapport à la norme internationale. A supposer que l'on prenne le dixième du ratio, soit un policier pour 2500, la préfecture de Kouroussa doit disposer d'au moins 120 policiers au lieu de 2 actuel soit 60 fois plus. Il en est ainsi dans toutes les préfectures, toute proportion gardée.
Il s'agit ensuite de veiller à ce que chaque franc d'argent public dépensé soit utile à la collectivité. Ce qui signifie que le budget proposé par le gouvernement et qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale serve à faire fonctionner
effectivement l'Etat dans tous ses secteurs et à créer les conditions d'un investissement productif.
Pour cela il faut poursuivre résolument la réforme de notre Etat menacé d'impuissance par des habitudes routinières, stéréotypées et sclérosées, et maîtriser également un secteur informel diffus qui devient de plus en plus dominant. C'est autant d'exigences que nous ne pouvons éluder et qui se résument globalement à la bonne gouvernance.


Mesdames et messieurs
Distingués Invités
Honorables Députés
Les besoins primaires nécessaires à l'homme sont autant sacrés que la vie elle-même. Toute spéculation mercantile faite aux dépens de la vie de nos compatriotes dans le contexte actuel est un crime.


Il faut bien être conscient que la politique consiste à prévoir et à choisir.
Je disais tantôt que nous avons depuis longtemps les outils pour améliorer qualitativement le cadre de vie de nos compatriotes qu'il s'agisse de la pénurie des biens de première nécessité, que de la menace d'invasion de notre vie par le
spectre de l'insécurité.
Pour inverser la tendance, pour préserver la prospérité de nos sociétés et la quiétude de nos vies, il faut désormais agir vite.

Les conditions politiques générales semblent favorables à la résolution de ce problème existentiel, à l'échelle nationale. Depuis la fin de la dernière grève, on peut dire que l'audience aux idées de la rupture et du changement est considérable.
Je crois qu'en Guinée aussi, un consensus sur des idées simples et objectives peut émerger.


Mesdames et messieurs
Distingués Invités
Honorables Députés
Un autre fléau auquel nous sommes confrontés est la grande criminalité. Pour lutter contre ce phénomène, il faut entre autres veiller au strict respect de l'ordre républicain, parce que notre détermination à faire respecter nos lois
contribuera à dissuader les aspirants criminels de tenter le grand saut.

Cela veut dire qu'il faut réprimer sans faiblesse les infractions aux lois.
La criminalité doit être méthodiquement combattue et dissuadée, en favorisant le développement de la police de proximité et en procédant à l'interpellation et à l'incarcération effectives des délinquants. Il suffit d'appliquer la loi.
Il est temps de voir la réalité en face, d'autant que la constitution de ghettos des laisser pour compte dans un contexte national très tendu favorise la naissance de poches de tension et l'émergence de zones de non droit.


Il est indispensable de mettre tout en œuvre pour protéger la population et limiter les risques qui pèsent sur nos femmes, nos enfants et nos biens.
Oui, mesdames et messieurs, je crois qu'un peuple doit se faire respecter, et savoir se protéger.


C'est une vérité d'évidence, qu'illustrent des siècles et des siècles d'histoire humaine, des siècles et des siècles d'émergence d'empire et de disparition de peuples, c'est une évidence qui est dans l'ordre naturel des choses.
Toute cette visée sécuritaire ne doit pas nous faire perdre de vue la question de la conciliation entre les impératifs de l'ordre public et les exigences de la protection des libertés individuelles et collectives qui ne doit pas être non plus
négligée. Cette question semble naturellement attachée à la résolution efficace des problèmes de l'insécurité, elle touche à la fois aux points les plus délicats de la morale et aux principes constitutifs de la société. Il importe de l'analyser
avec attention, même avec scrupule, afin de prévenir toute équivoque, et jusqu'au plus léger prétexte d'une fausse interprétation.


L'enjeu de la réussite est d'assumer pleinement nos idées et surtout d'en tirer profit pour tous. Pour cela, nous devons les aborder en acceptant les changements mais en tenant ferme sur les valeurs qui fondent notre identité et qui font notre
force.
Mais le préalable de ce qui précède c'est le sens de la responsabilité, une autre valeur importante. En Guinée, chacun a conscience de ses droits mais aussi de ses devoirs, et sans doute davantage de ses droits que de ses devoirs. Chacun sait où
s'arrête la défense légitime de ses intérêts, et où commence le préjudice que l'on cause à autrui. Mais cette morale basique dans notre pays, est de moins en moins partagée. Chaque jour, la violence sous toutes ses formes fait la une de
l'actualité. Pour nos populations, l'insécurité est devenue une obsession quotidienne.
Or la sécurité est la première des libertés, celle d'aller et de venir à sa guise, de conserver et de profiter paisiblement de ce que l'on a durement gagné, l'ordre doit être assuré partout sur le territoire national. J'en appelle à la responsabilité de tous, les jeunes, les familles, les pouvoirs publics. Notre société doit garder ses références, références à la morale, à la loi et au droit, qui seules peuvent fonder la sécurité, la liberté et la paix.



Mesdames et messieurs
Distingués Invités
Honorables Députés
Parler aux représentants du peuple et au gouvernement des moyens de pourvoir à la subsistance et à la sécurité de la nation, ce n'est pas seulement leur parler du plus sacré de leurs devoirs, mais du plus précieux de leurs intérêts.
Je me bornerai à rappeler des principes évidents, mais qui semblent être oubliés.
Dans un pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, dans un pays où les populations ont toujours fait preuve de retenu et de discipline dans les contextes les plus difficiles, les pénuries et les mouvements sociaux ne
peuvent être imputés qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes.
Quel est le premier objet de la société, donc de l'Etat ? C'est celui de maintenir les droits imprescriptibles de l'homme et, le premier de ces droits c'est celui d'exister, mais d'exister dignement et dans la quiétude.
La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous, les moyens d'exister et toutes les autres lois n'ont été instituées ou garanties que pour la cimenter.
Et nous, législateurs et gouvernement, nous devons garder présent à l'esprit, que nous ne sommes pas les représentants d'une caste privilégiées, mais ceux du peuple de Guinée, n'oublions pas que la source de l'ordre, c'est la justice ; que le plus
sûr garant de la tranquillité publique, c'est le bonheur des citoyens. D'ailleurs, la plupart du temps, les longues convulsions qui déchirent notre nation ne sont que le combat de positionnement politique pour le bénéfice de certains privilégiés.
C'est là je crois la dimension pleinement politique de nos politiques publiques de gestion des risques majeurs.
Nous y parviendrons, si tous ensemble gouvernement et Assemblée Nationale, et autres Institutions Républicaines, la Société Civile, les Partis politiques dans une communion d'esprit, nous nous attelons à convaincre tous les guinéens de la
noblesse de nos intentions comme de la justesse de nos propositions.
Le sens de la responsabilité doit aller de pair avec le sens du travail et de l'effort.
C'est sur ces mots que je déclare close la session budgétaire extraordinaire consacrée à l'examen de la loi de finance initiale 2007


Que Dieu protège la Guinée
Je voues remercie

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# Posté le mardi 24 juillet 2007 06:47

les jeunes aux pouvoir

La jeunesse africaine, une bombe à retardement pour le continent

Le XXème siècle vient de s'éteindre il y a quelques mois. Presque quarante ans après les indépendances, on peut donner raison à René Dumont quand il affirmait que l'Afrique était mal partie dans les années 60. Aujourd'hui, nous sommes déjà au XXIème siècle et l'avenir semble incertain pour la jeunesse africaine qui pourrait se définir comme une bombe à retardement s'il n'y a pas un sursaut d'orgueil de la part des dirigeants africains, leur bilan social, politique et culturel étant globalement négatif.

Après quarante ans d'indépendance, les Etats africains (surtout au sud du Sahara) viennent de montrer aux yeux du monde qu'ils ont été en majorité dirigés par des «analphabètes» politiques qui ont hypothéqué l'avenir des jeunes au détriment de leur égoïsme. Pourquoi l'Afrique a-t-elle détruit sa jeunesse qui, pourtant, quelques décennies avant les indépendances, avait prouvé à l'opinion internationale que l'on pouvait compter sur elle dans le processus du développement du continent?

La jeunesse africaine avant les indépendances

C'est une jeunesse patriotique qui ne connaît pas encore l'ethnicité car formée culturellement sur le modèle de la société colonisatrice. Beaucoup de jeunes rêvent d'aller plus vite que le temps; certains abandonnent leurs études et vont immigrer dans les capitales occidentales dont les principales seront Paris et Bruxelles pour Francophones et Londres pour les Anglophones. Dans le milieu juvénile, le métier des armes est considéré comme une perte de temps; c'est une préoccupation de ceux qui «n'aiment» pas l'école. Ayant découvert les vertus de la politique à travers les livres et les partis politiques européens, plus particulièrement ceux du pays colonisateur, les jeunes s'intéressent à la politique et veulent la faire à l'image des Européens. C'est ainsi que naîtront des associations et partis politiques qui auront pour point focal un idéal fondé sur une conception commune au niveau des idées et non sur l'ethnicité comme on le remarque maintenant dans la plupart des pays africains.

Les jeunes après les indépendances

L'Afrique a été peut-être décolonisée trop tôt. Quarante ans après les indépendances, sa jeunesse a sombré dans le désarroi. Sa capacité de créativité et de raisonnement développée par l'école coloniale et même post-coloniale n'est plus qu'un triste souvenir. La jeunesse actuelle fait peur et l'on serait même en droit de se demander si l'élite politique africaine a conscience de la situation précaire dans laquelle se trouve le continent.

Il faut souligner que les jeunes ont subi la gestion chaotique des hommes politiques qui ont pris la relève des administrations coloniales dès les années 60. Pendant plusieurs décennies de règne sans partage et cela jusqu'à l'aube du XXIème siècle, les dirigeants africains se sont caractérisés par l'inconscience, l'analphabétisme politique et la gabegie, des maux qui ont porté un coup fatal à l'évolution de la jeunesse. Les chefs d'Etats africains se sont presque comportés en chefs «irresponsables».

De 1960 à nos jours, la majorité des leaders africains se sont montrés incapables de mettre en oeuvre ce qu'ils ont appris auprès des grands hommes d'Etat de l'Occident. Ils ont plutôt cultivé le tribalisme et l'ethnicité pour faire asseoir leur pouvoir. Dans sa réflexion intitulée «L'ethnicité et le phénomène urbain en Afrique subsaharienne», le professeur Albert Muluma Munanga, parlant de certains pays à ce sujet stipule que «sur le plan politique, plusieurs partis politiques ont été modelés sur la base ethnique. C'est notamment le cas du Parti Démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI) du feu Président Houphouet Boigny par la création de sections ethniques (...). Le cas du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) du Président Mobutu au Zaïre constitue un autre exemple? Pour avoir une popularité, le MNR (avait) crée une branche spécialisée en son sein dénommée 'alliance des Bangalas' (...). Au Congo-Brazzaville, on (peut citer) les cas du parti de Bernard Kolélas, de Yombi Opango etc.».

Avec cette nouvelle conception de faire la politique, la jeunesse voit se créer en elle un divorce entre l'idée d'appartenir à un groupe ethnique et celle de faire membre d'un parti politique au sens propre du terme.

L'échec des hommes politiques, synonyme de malheur de la jeunesse

De 1960 au seuil du XXIème siècle, l'Afrique a échoué dans son développement qui devait garantir l'avenir des jeunes. Si on peut louer quelques pays anglophones (l'Afrique du Sud, la Namibie, le Kenya...) qui se sont développés au cours des dernières décennies du XXème siècle, triste est le sort des pays francophones et lusophones, en particulier ceux de l'Afrique Centrale dont le retard est criard sur les plans culturel, social et économique. Les jeunes de ces pays (Tchad, République Démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Centrafrique et Angola) ont connu la guerre. Malgré quelques réalisations de prestige, les dirigeants politiques n'ont pas été à la hauteur de leur tâche. N'ayant pas pu préserver l'héritage de la colonisation, ils ont paradoxalement détruit le peu de réalisations laissées par l'administration coloniale. L'école et la santé qui sont les points vitaux du développement d'une société ont été négligées. Et pourtant les potentialités ne manquent pas dans certains de ces pays comme la République Démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville et l'Angola qui ont des sous-sols riches (cuivre, bauxite, diamant, pétrole...). Malheureusement leurs jeunesses croupissent dans la misère. Des usines n'ont pas été créées pour embaucher les jeunes après leur formation professionnelle; les rares laissées par les colons ont subi la loi de la nationalisation avant d'être littéralement «détruites» par la gabegie et le tribalisme des hommes au pouvoir. Les services sociaux et publics les plus élémentaires qui devaient au moins préserver la santé des populations, et particulièrement les jeunes qui constituent la couche la plus dynamique de la société, n'existent plus dans les villes africaines. L'école et l'université sont malades et il se crée ipso facto une inquiétude au sein de la jeunesse qui vit actuellement dans la saleté et le SIDA. Dans les villes comme Kinshasa et Brazzaville (les capitales les plus rapprochées de la planète), la saleté et le SIDA ne respectent pas les frontières dans le milieu des jeunes des deux rives. A Kinshasa comme à Brazzaville, les services de voirie ne sont plus fonctionnels et les gouvernements constatent impuissants la dégradation des conditions de vie de leurs populations. On assiste dans certains quartiers des deux villes à des scènes insoutenables. Des jeunes désoeuvrés se donnent aux vidanges des fosses sceptiques dans des conditions inimaginables. Ils creusent de grands trous dans les rues à l'intérieur desquels ils déversent toutes les matières fécales qu'ils tirent des fosses sceptiques. Et quand les pluies arrivent, c'est toute la saleté qui se répand dans tout le quartier avec ses conséquences telles les épidémies de diarrhée et de fièvre typhoïde qui font des victimes surtout au niveau des plus petits.

Pendant quarante ans, les leaders politiques africains se sont comportés en chef de village. Il y a eu des gouvernements, des institutions créées à l'image des pays modernes mais les chefs d'Etat du continent n'ont pas été sérieux dans l'exercice de leur fonction car prisonniers de leur ethnicité. Ils n'ont pas pu conscientiser la jeunesse pour créer des nations sur les territoires hérités de la colonisation. Dans son livre «Le manguier, le fleuve et la souris», le Président du Congo-Brazzaville a le courage de reconnaître que la jeunesse de son pays a été (et serait encore) marginalisée; triste constat: «Les plus sacrifiés sont les jeunes (...). Quelle perspective leur offre-t-on? Après avoir vu leurs rêves et leurs espoirs confisqués, le pouvoir (politique) les laisse en proie à tous les doutes, par conséquent à tous les excès».

Devant l'échec d'une partie de l'élite politique africaine, beaucoup de jeunes sont tentés par les pays développés. Ceux qui y sont déjà et qui ont terminé leurs études et formations ne veulent plus rentrer au pays à cause de la sauvagerie et l'animalité qui s'y sont installées.

Quarante ans après les indépendances, les jeunes Africains constituent à végéter dans le désespoir où l'arme et la drogue les guettent à tout moment.

La jeunesse africaine, une bombe à retardement

L'immaturité politique en Afrique a donné naissance à des sociétés d'orphelins par le biais des guerres ethniques et du SIDA. On rencontre maintenant en Afrique les «enfants des rues» âgés en général de cinq à quinze ans, errant dans les grandes villes, abandonnés à eux-mêmes. Incapables d'aller à l'école pour les plus petits et de poursuivre les études pour les plus grands, ces orphelins pensent trouver leur «bonheur» dans la drogue et les armes qui souvent les emmènent au pillage et au viol.

L'Afrique serait-elle en voie de disparition avec une jeunesse qui ne lui inspire plus confiance? Réponse mitigée car elle n'a aucune ambition, aucun défi à relever. Et comme l'affirme l'historien congolais Théophile Obenga, «on disparaît quand on n'arrive pas à relever les défis». Si la jeunesse ne peut pas défier le SIDA, la culture guerre à elle imposée par les hommes politiques, si l'école et l'université africaines continuent à être extraverties (leurs diplômes n'étant plus pris au sérieux sous d'autres cieux), la disparition dont parle Théophile Obenga pourrait se concrétiser pendant ce nouveau millénaire. Angoissés et poussés au désespoir, les jeunes seront capables de prendre des risques car n'ayant plus confiance au pouvoir. Sans travail avec un avenir plus qu'incertain, ils développeront, avec le goût des armes et de la drogue, une culture de pillage, de gangstérisme et de barbarie. Les petits Angolais et Congolais l'ont bien su démontrer en Afrique centrale.

Il faut désamorcer la bombe

Le troisième millénaire devrait être porteur d'espoir pour les jeunes Africains. Le continent est riche. La plupart des Etats qui ont connu les guerres ont le diamant, la bauxite, l'or, le pétrole, l'eau et le soleil; mais paradoxalement la couche juvénile de ces pays n'en profite pas.

Il faut redynamiser l'école et revaloriser surtout l'enseignement technique et professionnel. Des relations humaines, les jeunes Africains devraient faire un effort pour que vive la cohabitation ethnique qui souvent, quand elle est mal entretenue, provoque des remous sociaux qui retardent ainsi le développement de la conscience nationale. Pour Albert Muluma Munanga, «trouver les mécanismes qui permettent la coexistence interethnique (...) est le défi capital auquel doit faire face la sagesse de l'élite africaine actuelle (...) et parmi des solutions possibles pour l'instauration de la coexistence interethnique, (...) le seul moyen, c'est la culture d'une conscience nationale». Une autre aubaine pour le continent pour que le XXIème siècle soit le siècle de la renaissance africaine: la rencontre Afrique-FMI de l'année passée (janvier 2000) au Gabon. Les dirigeants africains, pour donner une chance à la jeunesse, ont intérêt à respecter les recommandations du FMI préconisées à Libreville. Ils doivent maintenant tourner le dos à la guerre pour s'occuper convenablement de la condition sociale des jeunes qui peut être définie comme l'élément moteur du développement d'un pays. Les Etats africains devraient profiter des largesses que leur a faites le FMI à Libreville sur «la croissance et la réduction de la pauvreté en Afrique». Pour les Institutions de Bretton Woods, le social doit maintenant passer avant la macro-économie; elles veulent que les gouvernants africains soient à l'écoute de leurs populations, surtout les jeunes. Ils doivent les associer à la gestion économique. Il faudra aussi effacer l'image de la guerre et de la drogue qui hante encore la conscience des jeunes en dépensant plus dans les secteurs sociaux (éducation, culture, santé) et moins dans l'armement. Le XXIème siècle pourrait être africain si l'on respecte les recommandations de Libreville qui feront que des millions d'Africains, en particulier les jeunes, sortent de la pauvreté et passent de la survie à la vie.

Conclusion

La jeunesse longtemps marginalisée par ses gouvernants, attend que des solutions soient trouvées pour soigner les maux qui la minent depuis les indépendances. Marquée par les injustices sociales, les guerres et la drogue, elle risque de «brûler» les métropoles africaines si les chefs d'Etat continuent à se comporter comme des chefs coutumiers. Saisiront-ils l'occasion à eux offerte par la rencontre Afrique-FMI à Libreville pour réduire la pauvreté sur le continent et travailler pour sa croissance afin que la jeunesse puisse avoir du travail? La bombe que constitue celle-ci, en particulier dans les pays subsahariens, est encore prête à éclater si on ne la désamorce pas à temps.

Dr. Noël Kodia, enseignant-chercheur, Brazzaville

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# Posté le dimanche 17 juin 2007 21:45

hymme national de la guinée

peuple d'Afrique
de passe historique
que chante l'hymne
de la Guinee fière et jeune
illustre épopée
de nos frère mort au champ d'honneur
en libérant l'Afrique
le peuple de Guinée
prêchant l'unité,
appelle l'Afrique,
liberté
c'est la voix d'un peuple qui appele tous ces fréres
de la grande d'Afrique
liberté
c'est la voix d'un peuple qui appelle tous ces frères
a se retrouvé
bâtissons ,
l'unité Africaine dans l'indépendance recouvrée

# Posté le lundi 28 mai 2007 21:29

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# Posté le dimanche 27 mai 2007 19:08

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# Posté le dimanche 27 mai 2007 19:01